La Fédération Française du Bâtiment de Loir-et-Cher est une organisation professionnelle qui a pour but de représenter et défendre les entreprises de bâtiment
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Edito

L'activité tient...mais où sont les marges ?

Le 28 décembre 2019

Signalé en septembre, le rebond de 2019 s’est confirmé et permettra un atterrissage en douceur en 2020, sous deux conditions toutefois : que le PTZ neuf soit effectivement maintenu en zones B2 et C d’une part, qu’il n’y ait pas de durcissement brutal des règles prudentielles s’imposant aux établissements de crédit d’autre part.

De fait, hors effet prix, après +1,3% en 2018, l’activité 2019 se soldera sur une hausse de 1,2% en 2019, avant de ralentir à +0,8% en 2020. On retrouve donc un scénario proche de celui retenu dans l’étude « Prospective 2025 » de la FFB réalisée en 2016, le retournement à la baisse de la tendance était anticipé courant voire fin 2021.

Le secteur bénéficiera tout d’abord d’un contexte économique encore porteur. La croissance économique faiblira à peine passant de 1,4% à 1,2%. Le tassement général de la dynamique de l’investissement expliquera une large partie du mouvement. Toutefois, il s’agira bien d’un tassement et non d’une inflexion à la baisse, d’autant que les difficultés de recrutement resteront fortes, tous secteurs confondus, et que le marché du crédit s’avèrera toujours attractif, avec des taux qui remonteraient peu. Par ailleurs, les dépenses de consommation des ménages amorceront une petite accélération, un an après la mise en place des mesures « pouvoir d’achat » prises suite à la crise des « gilets jaunes » et alors que le taux de chômage ressortir quasiment stable à 8,1% en 2020. Cette impulsion se lira notamment dans le redéploiement de dépenses dites « compressibles » en temps plus difficiles, dont l’entretien courant des logements.

 

Reste la grande question des prix et des coûts, donc des marges dans le bâtiment. On peine toujours à lire une véritable amélioration en ce domaine. Les données officielles en témoignent, montrant une forme de course difficile des prix bâtiment derrière les hausses de coûts. Or, les tensions sur le marché du travail, donc sur les salaires continueront à peser en 2020, et les premiers courriers de révision annuelle des prix des matériaux reçus par les entreprises annoncent des hausses, parfois sévères. Dans le même temps, la suppression de l’accès au gasoil non routier (GNR) pour les entreprises de BTP et la réduction de l’avantage Fillon associé à la Déduction forfaitaire spécifique (DFS) viendront eux-aussi peser à la hausse sur les coûts de production. Pour que les entreprises conservent des marges de manœuvre, voire renforcent leur capacité à résister à un choc exogène, les prix bâtiment devront donc augmenter. À défaut, on introduirait à nouveau du risque dans l’économie, au travers d’entreprises fragilisées. D’ailleurs, dans ce contexte, la réforme des retraites ne doit pas être un prétexte pour raviver le sujet de la pénibilité. Ceci serait particulièrement mal venu, d’autant que toute hausse de coût dans le secteur entraîne le développement du travail détaché.

 

En cette fin d’année 2019 dans un climat économique et sociétal tendu, les fêtes de fin d’années vont permettre à chacun de prendre une respiration, de se retrouver en famille et entre amis.

 

Je vous souhaite à tous de belles fêtes de fin d’année.

 

Frédéric THERET

Président de la FFB 41


Le 28 décembre 2019